Par : Cyrille Chopin
Publié : 3 septembre 2013

[1922-2] Le Havre : De la loi à la fête nationale / Von Gesetz bis zum Nationalfeiertag

Source / Quelle : AMH - 4Mi417

Le Petit Havre 42e année n°15059 Samedi 11 novembre 1922

VEILLE DE FETE

La Retraite aux Flambeaux

Nos concitoyens s’apprêtent à célébrer avec éclat et dignité la Fête nationale du 11 novembre, date qui marqua définitivement en 1918, la victoire des peuples civilisés contre l’Allemagne, assoiffée de conquête et animée d’un esprit dominateur.
Dès hier, les monuments nationaux et municipaux, ainsi que de nombreuses maisons de commerce et particulières, avaient arboré le drapeau national et les couleurs des nations alliées.
Le soir, certains établissements privés et municipaux avaient reçu une décoration lumineuse.
La traditionnelle et inévitable retraite aux flambeaux devait préluder aux diverses manifestations qui, aujourd’hui, seront célébrées.
Si cette retraite ne rencontra pas l’enthousiasme débordant qui s’empara de notre population tout entière, le 11 novembre 1918, elle obtint néanmoins un grand succès, que le temps voulut bien favoriser, car depuis cinq heures la pluie cessa, et le ciel se remplit d’étoiles.
Dès huit heures et demie, la partie Sud du boulevard François-Ier, où se formait le cortège, présentait une grande animation et c’est au milieu d’une double haie de curieux, massés sur les trottoirs, que la retraite se mit en route par la chaussée des Etats-Unis.
En tête de la colonne marchait un peloton de gendarmes à cheval, puis venaient les porteurs d’ifs, de torches, les Sociétés musicales : la Société Havraise de Tambours et de Clairons, la Fanfare Gravillaise du Havre, les Volontaires Trompettes, la Renaissance d’Ingouville, et le Groupe Amical des Trompettes du Havre.
Un groupe d’agents cyclistes fermait la marche.
Au son de pas redoublés et d’allégros, le cortège, suivi d’une foule chantant des refrains populaires, gagna la rue de Paris, la place de l’Hôtel-de-Ville, les rues Thiers, de Normandie, puis le cours de la République et le boulevard de Strasbourg où, devant la caserne Kléber, eut lieu la dislocation de la retraite.
Durant le trajet, par les soins de la maison Guérard, des pièces d’artifices diverses, bombes détonnantes(sic), cascades lumineuses, etc., furent tirées, pendant que des feux de bengale, rouges ou verts, projetaient sur le sol et sur la façade des maisons les ombres dansantes et démesurément grandies des amateurs de musique escortant la retraite.