Publié : 28 août 2013

[1920-1] Le Havre : Première fête nationale / Erster Nationalfeiertag

Source / Quelle : AMH - 4Mi408

Le Petit Havre 40e année n°14335 Jeudi 11 novembre 1920

Chronique Locale

Fête Nationale du 11 Novembre

LE 10 NOVEMBRE AU HAVRE

Favorisé par un temps superbe, nos concitoyens ont joyeusement pris part à l’ouverture de la fête Nationale du 11 Novembre : l’anniversaire de l’Armistice, qui marque la cessation d’une effroyable guerre, qui a duré près de cinq années et a causé tant de ruines, de misères et de deuils.
Comme sa sœur, la Fête Nationale du 14 Juillet, elle a débuté par une grande retraite aux flambeaux.
Le point de départ ayant été fixé à la Chaussée des Etats-Unis, nos concitoyens envahirent le quartier du Musée ; par toutes les rues, des bandes joyeuses se dirigeaient à grands pas vers l’Anse des Pilotes pour assister au départ. Quand à neuf heures, le cortège se met en marche, les trottoirs sont noirs de monde.
Des gendarmes à cheval s’avancent d’abord ; puis vient un détachement du 129e, suivi de nombreux porteurs de lanternes vénitiennes. Derrières ceux-ci viennent : les tambours et clairons du 129e , la Fanfare Gravillaise, l’Harmonie Maritime, la Renaissance, le Cercle Musical Havrais, le Groupe amical des Trompettes, la Société Havraise de tambours et clairons, la revanche Amicale Havraise et le Réveil du Havre, entourés par des porteurs de torches.
Sur tout le parcours, éclatent de joyeuses sonneries, alternant ou se mêlant à d’entraînants et vifs allégros.
C’est ainsi que le Groupe Amical des Trompettes joue le Retour au Havre, Bolivar, Salut aux vainqueurs ; la Société Havraise de tambours et de clairons Paris-Belfort, Le Havrais, Moulfort, etc
La Fanfare Gravillaise exécute : Le Trocadéro, Les Allobroges, Les Grenadiers du Caucase, le Salut au 85e, Iena et la Madelon.
La Renaissance interprète : Le Tram, Paris-Belfort, tandis que le Cercle Musical joue Le Compiègnois, Cadet de Brabant, la Marche de Mac-Mahon, etc
l’Harmonie Maritime avait choisi de très jolis morceaux : La Marche des Trompettes, Le Conquérant, La Marche de Michel Strogoff, Le Tram et Paris-Belfort.
Flanqué et escorté par une foule compacte, le cortège se déroule par les rues sous l’éclat des flammes de bengale[sic], le scintillement des pièces d’artifices et les torches fumeuses.
Dans la rue de Paris, beaucoup de grands magasins avaient allumé leurs rampes électriques et certains d’entre eux présentaient une ornementation fort originale. Sur la place Gambetta, le Théâtre était encadré par les terrasses étincelantes des cafés.
Le boulevard de Strasbourg, lui aussi, avait revêtu sa parure des grands jours. La Palais de Justice, les cinémas Pathé et Select-Palace, la Sous-Préfecture, les banques, les Compagnies de navigation, les bureaux du Petit Havre, le[sic] Commercial Cable Company, les Postes et Télégraphes étaient illuminés.
Devant la Sous-Préfecture, le cortège s’arrêta : la « Fanfare Gravillaise », secondée par les clairons et tambours du 129e et la « Société Havraise de Tambours et Clairons » exécuta notre hymne national La Marseillaise.
Dans la cour de l’Hôtel de Ville, où avait lieu la dislocation, les Sociétés se massèrent face au boulevard de Strasbourg, puis l’« Harmonie Maritime », le « Cercle Musical Havrais » et la « Renaissance » interprétèrent brillamment La Marseillaise.